Sensibilisation à la consommation de protoxyde d'azote

« Protoxyde d’azote ». Ce terme ne vous parle peut-être pas, mais ces dernières années, son usage détourné a souvent fait l’actualité. Consommé pour ses vertus euphorisantes comme une drogue, il s’agit d’un gaz qui monte en puissance, notamment chez les jeunes. Après le cannabis et le poppers, il est rapidement devenu le troisième produit psychoactif le plus consommé chez les étudiants. Celui que l’on appelle aussi « gaz hilarant » intrigue, fait parler… car il a été prouvé que son usage pouvait s’avérer dangereux pour la santé. Face à ce phénomène de société qui nous concerne tous, la ville a décidé d’agir. Récit.

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Protoxyde d’azote, vous dites ? 

Un usage détourné chez les jeunes

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Le protoxyde d’azote, aussi appelé « gaz hilarant » ou « proto », est un gaz incolore, se présentant dans des cartouches métalliques grises. « On l’appelle "gaz hilarant" en raison de son effet euphorisant à l’inhalation », précise Sébastien Lose, sociologue du dispositif TREND (Tendances Récentes Et Nouvelles Drogues) pour l’association CedrAgir, interrogé par la rédaction. À l’origine destiné à un usage culinaire, pour les siphons à chantilly, il peut parfois être employé en médecine, chirurgie et soins dentaires pour ses propriétés anesthésiantes et analgésiques. Mais, de plus en plus, l’utilisation de ce produit est souvent détournée, notamment chez les collégiens, lycéens et étudiants, où le « proto » est inhalé pour ses effets euphorisants. 

Disponible en vente libre dans les supermarchés ou encore les épiceries à moins d’un euro la capsule, le protoxyde d’azote peut se retrouver dans les mains de tous. « Cette pratique n’est pas nouvelle mais elle a gagné du terrain ces 2-3 dernières années. Au 19ème siècle déjà, on remarquait que le protoxyde d’azote était consommé pour ses effets récréatifs. Dans les années 1990, cette "tendance" revenait au goût du jour, notamment avec les rave-parties. Aujourd’hui, l’usage détourné du protoxyde d’azote s’est particulièrement développé du fait de son accessibilité dans les épiceries, bars… mais aussi sur Internet où il est très facile de s’en procurer. Inhaler du protoxyde d’azote pour ses effets hilarants est un phénomène (de mode), qui se développe par cycle », explique Sébastien Lose. 

Mais comment l’utilisent-ils ? En pratique, avant d’inhaler ce gaz, les utilisateurs vident une capsule dans un ballon de baudruche, puis hyperventilent dans celui-ci pour obtenir les effets désirés.

Une substance dangereuse 

Des symptômes graves

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Les propriétés euphorisantes du protoxyde d’azote l’ont rendu très populaire auprès d’un public relativement jeune. Car oui, à première vue ce produit peut paraître attrayant. 

Quelques inhalations suffisent pour provoquer une sensation d’ivresse, qui s’apparente à des fous rires, troubles visuels et auditifs, pouvant aller jusqu’à une modification de la voix. Ces symptômes qui procurent du plaisir et de la désinhibition en quelques secondes sont pourtant plus nocifs qu’ils n’y paraissent. Le gaz hilarant respiré agirait en réalité sur plusieurs récepteurs du système nerveux, car il diminuerait fortement le stock de vitamine B12 dans le corps, d’où les effets neurologiques.

Généralement, ses effets ne durent que quelques secondes, cependant une utilisation prolongée et non maitrisée est susceptible de provoquer des symptômes graves. Maux de tête, asphyxie, nausées ou vomissements (notamment si associé à l’alcool), vertiges, perte de connaissance ou de mémoire, troubles de l’humeur, diminution des réflexes de la toux et de la déglutition… les troubles sont nombreux et des cas de décès ont déjà été avérés.

Ces effets apparaissent en majorité après un surdosage, une mauvaise utilisation (respirer directement la capsule) ou en combinaison avec d’autres produits (boissons énergisantes, alcool, autres drogues, etc.), mais ils peuvent aussi survenir n’importe quand, au petit bonheur la chance. C’est pourquoi l’utilisation du protoxyde d’azote à des fins de loisirs est fortement déconseillée, d’autant plus pour les personnes présentant des troubles du système nerveux (épilepsie, etc.), mais aussi les individus mineurs, souvent mal informés des effets que sa prise peut engendrer. Sébastien Lose alerte : « L’usage détourné de protoxyde d’azote, comme c’est le cas pour bien d’autres substances, peut consister en de simples expérimentations mais aussi générer des comportements plus addictifs, qui s’expliquent par son faible coût, sa vente libre et la fugacité des effets, qui incitent à vouloir en renouveler l’expérience ».

Sensibiliser et agir

Pour un cadre de vie agréable

tellmycity_news_image_top Chaque jour, dans les quartiers de la ville, les agents de la Propreté Publique identifient des petites capsules métalliques et des ballons de baudruche au sol. Vous les avez peut-être vous aussi remarquées ces dernières années. Non seulement ce matériel se dégrade très lentement dans la nature, mais pour éviter cela, il est ramassé par les agents municipaux dont la mission est de garder ces espaces publics propres et conviviaux.

Au-delà des dépôts sauvages constatés, il faut aussi prendre conscience que les cartouches laissées à terre sont accidentogènes pour les piétons comme les deux-roues, et peuvent entraîner des chutes.

  

Si vous aussi, vous souhaitez agir pour votre Ville et signaler un dépôt de capsules sur l’espace public, vous pouvez utiliser l’application TellMyCity®, afin de permettre aux services municipaux d’intervenir dans les meilleurs délais.

Un arrêté municipal pour lutter contre ces pratiques

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La vente et la consommation du protoxyde d’azote n’étant à ce jour pas interdite et le cadre juridique actuel ne permettant pas leur pénalisation, la Ville de Lomme a décidé d’agir à son échelle, en menant des actions de prévention, et en prenant un arrêté municipal afin de lutter contre ces mauvaises pratiques.

Ainsi à Lomme, la vente aux mineurs de protoxyde d’azote, son utilisation à des fins récréatives sur l’espace public, l’abandon et le dépôt des cartouches sur la voie publique sont désormais interdits par un arrêté municipal qui a pris effet le 1er février 2021. A compter de cette date, les infractions à ces règles seront passibles d’une amende de 38€. 

Campagne d'affichage-protoxyde d'azote   

  

Des actions de prévention sont menées en parallèle auprès des Lommoises et Lommois, pour informer sur ce phénomène et alerter des dangers encourus. Pour ce faire, des brochures sont mises à disposition du public dans les structures municipales et une large campagne de sensibilisation grand public prend place en ville depuis fin 2021.

  

  

Enfin, depuis novembre 2021, dans les Maisons de Projet, des « Cafés Habitants », animés par des intervenants de l’association CedrAgir, ont vocation à informer et sensibiliser les familles lommoises sur les dangers du protoxyde d’azote et plus largement sur les addictions. Autour d’un café, Lommoises et Lommois peuvent ainsi échanger autour d’un sujet qui nous concerne tous. Sébastien Lose soutient d’ailleurs ces temps-forts et insiste sur le volet « informatif » de cette démarche : « Certains n’identifient pas bien ce qu’est le protoxyde d’azote. Ils font des confusions avec d’autres gaz, comme l’hélium et ignorent les effets indésirables que peut engendrer son usage récréatif. Avec une information objective sur ses modes d’usage et les manières de réduire les risques associés, on peut ainsi espérer éviter plusieurs incidents ».

INFOS AU 03 20 93 03 85 - MAISON DU PROJET MARAIS / SERVICE SANTÉ

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En chiffres

Etude de toxicovigilance de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) publiée en juillet 2020 et basée sur des signalements réalisés auprès des centres antipoison entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2019.

66
intoxications au protoxyde d’azote enregistrées entre 2017 et 2019.

50%
des usagers avaient entre 20 et 25 ans, en majorité des hommes.

42
cas présentaient au moins 1 symptôme neurologique ou neuromusculaire (paresthésies, tremblements des extrémités, douleurs musculaires.)

9
cas présentaient des symptômes graves.

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Contacts utiles

> Ressources grand public 

www.cedragir.fr
Pour consulter le rapport sur les phénomènes émergents liés aux drogues.

www.drogues-info-service.fr
Espace thématique « drogues illicites » / Site de l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé.

www.filsantejeunes.com
Rubrique « drogues » / Site à destination des jeunes de 12 à 25 ans.

> Lignes téléphoniques, forums et services de chat dédiés à l’aide et au soutien

Drogues Info Service au 0800 23 13 13
Ligne ouverte 7J/7 de 8h à 2h du matin. Appel gratuit depuis un téléphone fixe. Conversation anonyme et confidentielle.

Fil santé jeunes au 0800 15 2000
Ligne des 12-25 ans, gratuite et ouverte 7J/7 de 9h à 23h.

> Consultations en addictologies, près de chez vous

Centre d’addictologie-CedrAgir
11 rue Eugène Varlin à Lomme - Tél. 03 20 08 16 61 - accueil.lille@cedragir.fr

Annuaire sur www.drogues-info-service.fr

> Abus ou dépendance

Si vous constatez un cas grave d’abus, de dépendance au gaz hilarant ou toute autre substance illicite, signalez-le sur www.signalement-sante.gouv.fr 

> N° d’urgence 

En cas de symptômes inhabituels après consommation, en cas d’urgence, prévenez immédiatement les secours en composant le 15 ou le 18.

> Pour les parents 

« Je suis parent, je trouve des cartouches de protoxyde d’azote et des ballons dans les affaires de mon enfant, je fais quoi ? »
Ne paniquez pas, mais ne banalisez pas la situation. Essayez d’instaurer un dialogue avec votre enfant sur ses motivations à consommer et sur les risques que cela représente. Si vous ne parvenez pas à instaurer un dialogue, si vous êtes perdu ou débordé.e par vos émotions, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel spécialisé pour être conseillé.e (voir coordonnées ci-dessus).



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